Le problème quand on achète des légumes frais à manger, c’est qu’on se retrouve de temps en temps avec des légumes plus très frais à manger.
Même si on est le champion international de la planification des repas, il est difficile de tomber juste à tous les coups. Et si on laisse place à l’improvisation et aux coups de coeur quand on fait son marché, ou si on est abonné à un panier de légumes hebdomadaire, il n’est pas rare que la fin de semaine rime avec carottes mollissantes et verdure fanée.
Les légumes robustes se garderont sans problème d’une semaine sur l’autre, mais il vaut mieux éviter ça aux plus fragiles. Et si vous aimez démarrer la semaine sur des bases fraîches, ou si vous avez besoin de faire de la place pour votre razzia maraîchère du weekend (hum hum), quelle est la solution ? Si vous avez répondu « la poubelle », venez me voir à la fin de l’heure. La bonne réponse est : une soupe à tout.
Cette soupe, c’est un refuge merveilleux pour toutes sortes de légumes orphelins dont personne ne sait trop quoi faire, et c’est le moyen le plus simple de les transformer en quelque chose de savoureux et de réconfortant.
Il est difficile de vraiment rater une soupe, mais mes années d’expérience en la matière m’ont quand même appris quelques règles qui facilitent la préparation et rendent le résultat plus gratifiant.
Choisir ses légumes
Evidemment, je parle ici de légumes dont l’heure de gloire est certes passée, mais qui n’ont pas quand même atteint le stade de la putréfaction : flétri et ramolli, oui, moisi ou gluant, non. (Si on a un doute, on jette.)
Vous pourriez en théorie jeter tout ce qui vous tombe sous la main en tas joyeux dans la cocotte, mais autant que possible on a intérêt à faire une sélection de légumes variée et équilibrée. Mes soupes à tout sont plus réussies quand j’utilise un mélange de couleurs (vert, orange, beige, blanc…) et différentes familles de saveurs (sucrée, terrienne, verdoyante, alliacée, anisée…), et quand j’inclus à la fois des légumes qui poussent au-dessus et en-dessous du sol. Certains fruits, comme les pommes et les poires, marchent bien aussi.
Pour compléter votre sélection, il est bien sûr autorisé de piocher aussi dans vos légumes frais et/ou dans vos réserves congelées. D’ailleurs, si vous veniez à vous trouver avec de bons candidats pour une soupe à tout mais en trop petite quantité pour faire une soupe à tout, ou si vous manquez de temps pour la préparer, nettoyez et découpez vos légumes et mettez-les au congélateur pour les ressortir au moment opportun.
Pour vous donner un exemple, ma plus récente soupe à tout, faite lundi dernier, contenait : quelques tiges de blettes fatiguées, un quart de potimarron (le reste ayant été rôti), une petite botte de carottes (un peu ramollies), les feuilles extérieures d’une tête de chou-fleur (sorties du congélateur), les tiges d’un beau bouquet de kale frisé (je vous parlerai bientôt des cheesy chips que j’ai faites avec les feuilles), quelques jeunes bulbes de fenouil (fraîchement acquis), un bel oignon rouge, quelques pommes de terre, la fin d’un bouquet de ciboulette, des tiges de persil et un peu d’estragon. Vous voyez l’esprit.
Les légumes doivent être soigneusement nettoyés (inutile de les sécher, vous allez les remouiller dans deux secondes) et coupés en morceaux de taille régulière. Des cubes ou des lamelles de 2 cm font gagner du temps au découpage, et c’est parfait si on prévoit de mixer la soupe. Si vous préférez une soupe non mixée, c’est-à-dire avec bouillon et morceaux, il faudra faire des dés plus fins.

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