Riz pilaf aux épices et à la betterave

Riz pilaf aux épices et à la betterave

A mon retour de Californie, après deux ans passés à me régaler au sens propre comme au sens figuré, la bonne cuisine indienne est l’un des délices qui m’ont le plus vite manqué. L’Inde produisant d’excellents ingénieurs ils sont nombreux dans la Silicon Valley, et nous étions suffisamment amis avec l’un d’entre eux pour qu’il nous invite à dîner de temps en temps. Sa femme, fine cuisinière sans visa de travail, passait alors la journée à cuisiner pour notre infini plaisir.

Sans espérer égaler ses talents, j’en ai gardé un fort penchant pour la cuisine indienne familiale, celle qu’on peut faire chez soi sans trop se compliquer la vie ni acheter douze mille ingrédients à La Chapelle*. Paradoxalement, je la trouve particulièrement adaptée à nos périodes de frimas, du fait de sa chaleur et de ses riches épices, comme l’illustre le plat qui nous occupe aujourd’hui.

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Quatre-quarts sarrasin et chocolat

Quatre-quarts sarrasin et chocolat

J’adore les quatre-quarts. Dans mon enfance, j’ai eu une longue phase « quatre-quarts breton » au petit déjeuner. Je parle du quatre-quarts breton du supermarché, hein, tout jaune, tout en longueur et cuit dans un papier un peu mou. Je l’aimais légèrement rassis, donc je coupais les tranches à l’avance, et il était vraiment à point au bout de trois ou quatre jours. Une sorte d’affinage de quatre-quarts, vous voyez.

Je n’ai découvert qu’assez récemment la beauté du quatre-quarts maison, et c’est devenu mon gâteau je-le-fais-les-yeux-fermés, en alternance avec le gâteau au yaourt.

Vous connaissez le principe lumineux du quatre-quarts ? On pèse les oeufs, on ajoute le même poids de sucre, de beurre fondu et de farine, et hop ! au four.

Bon, ce que cette formule mnémotechnique ne dit pas, c’est s’il faut peser les oeufs avec ou sans la coquille, et combien de levure chimique il faut ajouter. Mais pour être honnête, ça n’a que peu d’importance. On ne construit pas une fusée ; on fait un gâteau. Vous pesez avec ou sans la coquille, vous mettez une ou deux cuillerées de levure, comme vous le sentez, ça ira bien.

Et c’est une recette qui se prête de bonne grâce à diverses variations — je n’aime rien tant que les recettes qui se prêtent de bonne grâce à diverses variations, ce sont mes meilleurs copines du monde — et je vous présente aujourd’hui l’une de mes préférées : le quatre-quarts sarrasin et chocolat.

Quatre-quarts sarrasin et chocolat

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Curry de légumes d’hiver

Curry de lŽégumes d'hiver

Photos réalisées par Céline de Cérou.

Vous voulez connaître l’un des avantages les plus méconnus dont on bénéficie quand on travaille de chez soi ? On tombe malade moins souvent.

Non seulement on peut décider de rester bien au chaud (pyjama en option) quand il fait froid et humide et plombant dehors, mais on passe aussi moins de temps dans les transports en commun bondés, on serre moins de mains, on embrasse moins de joues, et on touche moins de cafetières et autres poignées de porte de toilettes à usage collectif.

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Galette des rois

Je reconnais que l’Épiphanie, c’est fini, mais il me semble que, la valeur religieuse de cette fête s’étant estompée, l’usage est maintenant de considérer qu’on peut tirer les rois jusqu’à la fin du mois de janvier. Même date de péremption que les voeux de la nouvelle année, donc. Après, ça fait un peu réchauffé, et les vrais amateurs de galette des rois la préfèrent à température ambiante.

Il y a quelques temps j’ai écrit un billet (en anglais) sur le petit cérémonial de la galette des rois, auquel je suis très attachée et qui me fait toujours retomber en enfance ; ma soeur et moi nous sommes cachées sous la table jusqu’à un âge inavouable.

Mais la nouveauté depuis quelques années, c’est que je fais ma galette moi-même.

Ma toute première galette des rois maison remonte à sept ans maintenant. Ça faisait un moment que ça me démangeait, mais je trouvais toujours que l’Epiphanie tombait trop tôt après les fêtes pour que je retrouve le courage de m’attaquer à un tel projet. Et puis un samedi de janvier 2010, comme on fêtait les quarante ans de mariage de mes parents (noces de rubis ou d’émeraude, selon la source) et que ma soeur, son mari et leur fils étaient de passage à Paris, c’était l’occasion idéale de tirer les rois en famille, et j’ai décidé que j’allais cette fois-ci faire la galette moi-même.

Pour tout vous dire, j’avais même l’ambition de faire la pâte feuilletée, selon la technique de la pâte feuilletée express, mais je n’ai pas trouvé le temps donc j’ai opté pour une pâte feuilletée toute faite. Mais pas n’importe laquelle : j’ai utilisé la pâte feuilletée François, fabriquée en Sologne à partir de farine de gruau, de beurre des Charentes, de sel et d’eau, à l’exclusion de tout autre additif ou conservateur. Je la trouve chez G. Detou (en dalle de 3 kilos, l’excédent étant congelé et/ou partagé) mais on peut aussi la commander sur leur site*.

A l’intérieur de la galette, de la crème d’amande, et non de la frangipane. On confond souvent les deux, donc petit rappel : la crème d’amande, c’est un mélange de beurre, de sucre, d’amandes et d’oeufs, en proportions à peu près égales. La frangipane, c’est de la crème d’amande à laquelle on a rajouté de la crème pâtissière. Les galettes des rois vendues dans le commerce sont souvent à la frangipane — le prix de revient est moindre, puisque l’amande est l’ingrédient le plus cher dans ce casting — mais je préfère les galettes à la crème d’amande simple. Je les trouve plus délicates et plus aromatiques, sans ce côté flan que donne souvent la frangipane. (Accessoirement, c’est une préparation de moins à réaliser.)

Pour la fève, j’avais pris soin de garder celle que Maxence avait gagnée une semaine auparavant, lorsque nous avions tiré les rois chez mon cousin. C’est une petite tour en porcelaine avec un toit assez pointu, ce qui ne paraît pas complètement idéal pour un truc à cacher dans un gâteau, mais je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin.

J’ai consulté de nombreuses recettes, visionné quelques vidéos dont celle-ci, et fusionné les enseignements que j’en avais tirés pour élaborer ma version, avec un peu de farine de noisette dans la garniture.

La fabrication de la galette n’est vraiment pas difficile : on étale la pâte en deux cercles, on garnit le premier de crème d’amande, on recouvre du second cercle, on dessine des décorations, on dore, et on enfourne.

En réalité, les seuls points un peu délicats sont les suivants : 1- ne pas oublier de mettre la fève dans la crème d’amande, sinon on a l’air malin, 2- arriver à déposer le second cercle bien centré sur le premier, 3- sceller correctement le haut et le bas, pour éviter que la garniture ne s’échappe à la cuisson, et 4- faire bien attention à ce que la dorure à l’oeuf ne goutte pas sur les bords de la pâte feuilletée, ce qui aurait pour effet d’empêcher le feuilletage de se développer correctement.

J’ai quand même bénéficié de l’aide de ma hotline galette personnelle, c’est-à-dire Pascale, à qui j’ai passé un coup de fil pour savoir si elle pensait que je pouvais préparer la galette la veille et la faire cuire le jour-même. Pascale m’a conseillé de l’assembler et de la mettre au congélateur, pour la glisser directement au four le jour J. Elle a même précisé que la pâte feuilletée lève mieux si elle a été congelée à un moment ou un autre.

Tout ça a fonctionné à merveille : je me suis levée le samedi matin, j’ai préchauffé le four, mis la galette dedans, et je me suis efforcée de faire autre chose pendant la cuisson (si on regarde trop la pâte feuilletée dans le four, ça l’intimide) pour mieux m’extasier devant ma galette, dorée, gonflée, merveilleuse.

Le vrai challenge dans l’histoire, c’est qu’il a ensuite fallu transporter la galette jusqu’à chez mes parents, en scooter. J’ai bricolé un carton à gâteau extrêmement élégant avec deux boîtes de céréales américaines (je suis en avance d’une tendance, vous verrez ça chez tous les pâtissiers cette année), déposé le tout dans le coffre sous la selle, et murmuré quelques paroles en direction d’Honoré d’Amiens, saint patron des pâtissiers.

Maxence s’est efforcé d’éviter les rues pavées, les trous et les bosses de la chaussée parisienne, et quoique notre neveu ait bondi sur nous dès la sortie de l’ascenseur, la galette est arrivée à bon port, intacte (c’est ça aussi, la magie de l’Epiphanie) et très appréciée de tous. Mon père a même déclaré que c’était la galette la plus goûteuse qu’il ait jamais mangée, et il avait dit quelque chose d’approchant de celle de Pierre Hermé il y a quelques années. (Bien sûr que si, ça compte, même quand c’est mon Papa qui le dit.)

Chance, karma ou coup de pouce ultime d’Honoré, il se trouve que c’est moi qui ai eu la fève, ce qui m’a permis de la mettre de côté pour la galette de l’année suivante : en effet, maintenant que je sais à quel point il est facile et gratifiant de la faire soi-même, je crains qu’il n’y ait pas de retour en arrière possible.

Si vous êtes tenté par l’aventure, vous avez jusqu’à la fin du mois pour vous lancer. Et si c’est un peu court, pas d’inquiétude, ce billet vous attendra bien au chaud pour l’année prochaine !

Galette des rois

* A défaut, procurez-vous simplement de la pâte feuilletée pur beurre et lisez bien les étiquettes, pour éviter autant que possible les additifs et conservateurs. Celle de Picard est réputée être le meilleur choix dans sa catégorie.

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Amandes grillées au cumin et piment chipotle

Je suis d’ordinaire peu sujette à la frénésie de la fin de l’année. Je n’ai pas de festin de Noël à cuisiner (j’apporte quelque chose mais ce n’est pas moi qui reçois), je ne vais pas à quinze réceptions, et dans ma famille les échanges de cadeaux restent raisonnables, donc les semaines qui précèdent les fêtes ne sont pas particulièrement plus agitées que le reste de l’année.

Et pourtant cette année, cette période a été particulièrement intense. Pas à cause des fêtes qui approchaient, mais plutôt de divers projets que je voulais boucler proprement avant de m’arrêter quelques jours pour me pelotonner au pied du sapin et boire du chocolat chaud en fredonnant Petit Papa Noël (mais je vous en prie, tout le plaisir est pour moi).

Peu de gens prennent le temps de faire leurs propres amandes grillées aux épices, et pourtant c’est bien meilleur fait maison qu’acheté dans le commerce.

Bien sûr, quand on est freelance, avoir beaucoup de travail est une excellente chose, mais ça veut dire c’est que je n’ai absolument pas eu le temps de m’organiser pour préparer des cadeaux gourmands comme j’aime le faire.

Par chance, j’ai plus d’un tour dans mon sac, et j’ai décidé il y a quelques jours que j’offrirais les amandes grillées au cumin et piment chipotle que je fais pour moi (et que j’adoooore) ces derniers temps.

C’est un très bon exemple de préparation simple et facile qu’il est néanmoins très agréable de recevoir : peu de gens prennent le temps de se faire leurs propres amandes grillées aux épices, et pourtant c’est bien meilleur fait maison qu’acheté dans le commerce. Elles disparaissent en un clin d’oeil quand on les propose avec un cocktail à l’apéritif, et j’aime tout autant les grignoter dans l’après-midi, ou m’en servir pour ajouter du croquant à mes salades.

Donc si vous en êtes à vous demander s’il est encore temps de préparer quelque présent comestible d’ici Noël, la réponse est oui ! Une poignée d’ingrédients et une demi-heure suffisent.

Et si vous voulez plus d’idées de cadeaux gourmands, voici une sélection tirée des archives de Chocolate & Zucchini :

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