Quand j’étais petite, dans ma famille, on mangeait les haricots verts très tendres et servis chauds, avec du beurre et du persil haché au moulin à manivelle, le plus souvent pour accompagner le poulet rôti dominical. Une fois rentrée du marché — avec ou sans moi pour tirer la charette — ma mère annonçait à travers l’appartement : « Il y a des haricots verts à éplucher ! »
Mon père, ma sœur et moi émergions alors de nos tanières respectives, et nous nous asseyions par terre autour de la table basse où un plateau attendait, avec une belle pile de haricots frais et une passoire pour les recueillir une fois équeutés. Nous les filles avions le droit d’être dispensées de cette tâche en cas de contrôle à réviser, mais en général nous préférions plutôt profiter de cette petite pause pour discuter tous les quatre pendant que nos doigts s’affairaient.
Les haricots verts se marient à merveille avec les fruits d’été, et j’aime beaucoup les garnir de melon en tout petits dés ou de fines lamelles de pêches et de nectarines.
Je me rends compte aujourd’hui qu’on aurait pu réduire la charge de travail de moitié en ne retirant que le côté qu’il faut vraiment éplucher — c’est-à-dire le côté tige, la petite queue mignonne se mange sans problème — mais notre technique permettait de retirer les éventuels fils des deux côtés de chaque haricot, ce qui n’est parfois pas inutile.
Dans ma propre cuisine, je me trouve plus souvent à servir haricots verts froids, dans des salades rafraîchissantes comme celle-ci. Les haricots verts se marient à merveille avec les fruits d’été (ce qui pousse ensemble va ensemble) et j’aime beaucoup les garnir de melon en tout petits dés (et quelle belle année pour les melons en France !) ou de fines lamelles de pêches et de nectarines, que de plus en plus je préfère blanches.
Ma salade avait donc un élément de verdeur et un élément de douceur, et j’ai décidé de compléter l’équilibre de saveur avec des notes torréfiées et salées sous la forme d’un gomasio maison — ce condiment japonais constitué de sésame moulu avec du sel — dans lequel j’ai glissé du piment en poudre pour le piquant. Le gomasio, c’est très facile à faire soi-même, et incomparablement plus savoureux que tout ce qu’on peut trouver dans le commerce.