Lors d’un passage éclair à Londres il y a un an et demi, j’ai passé un temps inavouable à éplucher les rayons du Whole Foods de Kensington, faisant notamment des provisions de chocolat bean-to-bar anglais et du granola paléo qui a inspiré ma version.
Au rayon des produits laitiers et assimilés, j’ai remarqué avec curiosité qu’ils vendaient du yaourt à base de lait de coco, et j’en ai acheté un pot pour mon petit déjeuner du lendemain. Une cuillerée a suffit à me faire fondre : c’était velouté et acidulé comme un yaourt classique, mais avec les arômes et la douceur subtile du lait de coco. Il fallait le goûter pour le croire.
Un yaourt de coco, c’est velouté et acidulé comme un yaourt classique, mais avec les arômes et la douceur subtile du lait de coco.
C’était aussi assez cher (£2 ou 2,80€ pour 125 g, soit 22,50€ le litre) et introuvable en France. Je me suis donc résignée à classer ça dans la catégorie des raretés délicieuses.
Et puis le mois dernier, je suis tombée sur ce tutoriel et les cieux se sont ouverts au-dessus de ma tête : on peut faire son propre yaourt de coco ! Avec du lait de coco en boîte ! Disponible un peu partout !
Le processus est aussi simple que pour faire des yaourts classiques avec du lait de vache ou de chèvre, ce que je fais à peu près une fois par semaine : on mélange le lait de coco avec un ferment pour yaourt ou des probiotiques (vendus comme complément alimentaire), et on laisse le tout incuber à une température modérée et stable (autour de 40°C) jusqu’à ce que le lait de coco ait fermenté, ce qui prend 24 heures pour le goût acidulé qui me plaît.
Et j’adoooore mon yaourt de coco maison. C’est un délice en soi, mais j’aime aussi le mélanger avec une banane en rondelle et du granola, ou des fruits rouges, et je pense que ça ferait une excellente base de glace au yaourt. Le yaourt a tendance à se séparer un peu, avec une couche d’eau de coco en bas et une fine couche d’huile de coco fondante à la surface, mais il suffit de tout bien mélanger au moment de la dégustation.
Pour obtenir un yaourt plus velouté et plus pris, j’ai aussi fait des essais avec de la gélatine en poudre ; plus précisément, cette gélatine de boeuf élevé à l’herbe. Et même si ça complique un peu la préparation — il faut chauffer le lait de coco pour diluer la gélatine, mais il ne faut pas ajouter le ferment à un liquide trop chaud sinon ça tue les micro-organismes — le résultat me plaît encore plus. Je vous indique les deux formules ci-dessous. (Et il est évident qu’avec la gélatine, les yaourts ne sont plus végétariens.)
Du point de vue du prix, mon yaourt de coco me revient à 15€ le litre, ce qui est certes significativement plus cher que du yaourt à base de lait animal, mais significativement moins que la version commerciale d’où est partie toute cette histoire.
Si vous n’avez pas de yaourtière, vous pouvez essayer d’utiliser la lampe de votre four pour générer la chaleur nécéssaire (voir les indications dans la recette ci-dessous) mais l’achat d’une yaourtière est un faible investissement que vous ne regretterez pas. Nul besoin d’acheter un appareil sophistiqué : j’ai acheté pour ma part ce modèle très élémentaire et il accomplit sa mission à la perfection avec les avantages suivants :
- Des pots en verre, matériau inerte à la chaleur, et qui résiste à des usages répétés.
- Pas d’arrêt automatique : la plupart des yaourtières se mettent automatiquement hors tension au bout de quelques heures en considérant que le yaourt est prêt, mais vous pourriez souhaiter des yaourts au goût plus prononcé, ou des yaourts incubés 24 heures pour éliminer virtuellement tout le lactose, ou des yaourts au lait de coco qui prennent 24 heures aussi. Je comprends que certains trouvent ça pratique que la yaourtière s’éteigne toute seule, mais je préfère me mettre une alarme (ou utiliser ma tête !) et garder le contrôle sur la durée d’incubation. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, ces modèles coûtent aussi moins cher.
- L’inclusion de pots de rechange et la possibilité d’en commander d’autres : il est bon d’avoir une double dose de pots pour commencer, de façon à pouvoir démarrer une nouvelle fournée de yaourts avant d’avoir terminé (et nettoyé) la précédente. Et puis, bon, il arrive que les pots se cassent (hum hum).
Le lait de coco que j’utilise pour ces yaourts est celui que j’achète en magasin bio (marque Organi) qui coûte 2,49€ la boîte, est à 15% de matière grasse, et ne contient pas de BPA dans le vernis intérieur (j’ai contacté le fabriquant). Quant au ferment, j’ai déjà utilisé avec succès ce ferment à yaourt ainsi que ce probiotique en poudre, qui contient 7 milliards de probiotiques (Lactobacillus, Bifidobacterium, Lactococcus et Streptococcus) par dose.
Participez à la conversation !
Et vous, est-ce que vous faites vos propres yaourts ? Quelle est la méthode que vous utilisez ? Avez-vous déjà essayé avec des laits végétaux ?