La mélasse de grenade, c’était le sujet de ma toute première chronique dans ELLE à table lorsqu’a démarré ma collaboration avec le magazine au printemps 2008.
Dans cet article, je disais tout le bien que je pensais de ce condiment étonnant et détonnant, sirop épais obtenu en faisant réduire du jus de grenade. Enfant chéri des cuisines libanaise et persane en particulier, ce condiment fruité et citrique à la robe rouge sombre fait le bonheur des amateurs de saveurs acidulées, dont je fais partie.
À vrai dire, c’est une de mes armes secrètes quand je veux apporter à ma cuisine un supplément d’âme aigre-doux, exotique et indéfinissable : une cuillerée dans la vinaigrette, dans une sauce au yaourt à servir avec du boulgour, et dans la muhammara bien sûr. J’en ai laqué des magrets de canard, des foies de veau, des filets de poisson… et j’en ai assaisonné des écrasées de légumes racine. C’est une merveille avec du céleri-rave ou des panais.
Côté dessert, la mélasse de grenade peut agrémenter les salades de fruits frais (fruits rouges, oranges sanguines) et napper des figues rôties au four, à accompagner d’un peu de fromage frais.
Dans la recette qui nous occupe aujourd’hui, la mélasse de grenade trouve sa place dans une marinade vive et voluptueuse pour un poulet découpé en morceaux. Le poulet ainsi enduit va alors faire un tour au four (ou sur les plaques, ou même au barbecue, selon vos envies et la météo) pour en sortir fondant et divinement caramélisé. C’est assez irrésistible.