Je viens d’une famille de juillettistes farouches, et le 14 juillet nous étions donc chaque année en Haute-Savoie, à croiser les doigts pour que les orages d’été ne compromettent pas la fête.
Ce sont des souvenirs d’enfance joyeux, les années se mêlant pour former une seule soirée : descente aux flambeaux au crépuscule, feu d’artifice, étoiles dans les yeux, et douceur particulière de se sentir portée, endormie, de la voiture jusque dans son lit à une heure tardive de la nuit.
En devenant adulte, j’ai perdu l’habitude de célébrer la Fête Nationale : je ne suis pas très à l’aise dans les situations de foule, et après une tentative échouée de regarder le feu d’artifice de la Tour Eiffel depuis les hauteurs de Montmartre (surprise, surprise, d’autres avaient eu la même idée), j’ai un peu abandonné.
Mais maintenant que j’ai moi-même des enfants, c’est différent ; c’est maintenant que leurs souvenirs d’enfance à eux se fabriquent (mais pas de pression, hein ?). Et il se trouve que mon amie américaine et super prof de Pilates* Emily vit dans un appartement avec une vue imprenable sur la Tour Eiffel, et qu’elle organisait cette année une petite soirée avec quelques amis et leurs enfants pour nous faire profiter du feu d’artifice des premières loges**.
Le dîner était en mode potluck — concept américain qui définit un repas pour lequel chacun apporte quelque chose — et la thématique était « Typically French ».
Lire la suite »