J’ai grandi dans une famille où le goûter est un rituel fondamental, et je ne conçois pas de laisser passer une journée sans m’y adonner. D’ailleurs, je prévois la taille de mes déjeuners de telle sorte que j’aie un peu faim au creux de l’après-midi, afin de mieux apprécier la petite collation — par exemple, un muffin aux myrtilles — qui me permettra de tenir jusqu’au dîner.
C’est aussi l’alibi idéal pour lever le nez de mon travail, me faire une tasse de thé (ou, ces jours-ci, un verre de café frappé), et m’installer devant la fenêtre ouverte pour me rafraîchir les idées.
Le plus souvent, je mange un fruit, et plus particulièrement une pomme, bien froide du frigo et coupée en lamelles. Mais j’achète mes pommes à un producteur bio du Val de Loire, ce qui me laisse fort dépourvue entre le mois de juin, une fois qu’il a écoulé ses dernières pommes de garde, un peu frippées mais bien sucrées, et le mois de septembre, lorsqu’il revient avec la nouvelle récolte, qui croque et qui brille.
(J’ai découvert cet été une délicieuse exception à cette règle : la pomme de moisson, qui pousse sur des pommiers donnant des fruits sur une courte période en août — ceci correspond à la période traditionnelle de récolte du blé en France, d’où le nom. Ma mère m’en a acheté des petites vert clair au marché de Gérardmer au début du mois, et une semaine plus tard, j’en trouvais des plus grosses et bien rouges à celui des Batignolles. Vous connaissiez ça, vous ?)
Et donc de temps en temps, et plus particulièrement pendant les mois sans pomme, je mange aussi des gâteaux pour le goûter : quelque chose de simple et fait maison de préférence, plutôt fruité, pas trop sucré, et pas trop scandaleux sur le plan nutritionnel.
C’est là que les muffins aux myrtilles et au son d’avoine font leur entrée : ils répondent au cahier des charges en tous points, et malgré leur teneur respectable en son d’avoine, ne font pas l’effet d’une punition. (Mais il faut dire que j’aime le son d’avoine.)
Je précise que la malédiction qui frappe tout muffin n’épargne pas ceux-ci : c’est quand même le jour-même qu’on les apprécie le plus, lorsque le dessus est encore légèrement croustillant. Mais leur saveur est toujours aussi plaisante les jours suivants, et si on veut retrouver la texture d’origine, on peut raviver les muffins à la myrtille en les réchauffant la tête en bas au-dessus du grille-pain (j’ai une petite grille exprès qui les empêche de brûler).